Bien mieux avec mon animal - Pour mieux les aimer, apprenez à les comprendre
Le bébé, le chiot et le chaton
 
Pour partir sur de bonnes bases
 
 
Alors que les chiens et les chats sont des compagnons et amis remarquables au quotidien, il convient d’être prudent dès lors qu’ils partagent un habitat avec de jeunes enfants. Pour éviter tout accident, un ensemble de précautions pourraient être prises. Hubert Montagner, psychopathologiste, explique les raisons pour lesquelles il est important que chacun puisse prendre sa place, au moment venu.
 
 
Lorsqu’une famille a le double projet d’avoir un bébé et d’adopter un chien comme animal de compagnie ou familier, il est souhaitable qu’elle acquière celui-ci avant la naissance de l’enfant. Elle donne ainsi au chien le temps de se familiariser avec sa « niche humano-écologique », de prendre des repères et habitudes, d’établir des liens avec les personnes, d’être sécurisé, et d’induire la sécurité chez ses partenaires quotidiens.
 
 
Il est nécessaire d’élever le chiot pour qu’il puisse installer et développer le phénomène dit de la double empreinte, en tous cas les processus précoces qui fondent la familiarité et l’attachement avec les personnes. Ou, s’il y a adoption ou achat auprès d’un éleveur ou d’une société protectrice des animaux, de s’assurer qu’il a bien construit les compétences-socles nécessaires à une rencontre sécurisée et sécurisante avec le nouveau-né, et qu’il soit ainsi « sociable » vis-à-vis des humains. Est-il nécessaire d’ajouter que le jeune chien ne doit être ni maltraité, ni privé de nourriture, ni attaché en permanence, ni enfermé dans un conditionnement fondé sur la punition ?
 
 
Il est nécessaire de présenter le bébé à l’animal dès les jours qui suivent la naissance pour que celui-ci accepte, connaisse et reconnaisse les rythmes et comportements particuliers d’un nouveau partenaire avec lequel il va falloir partager les interactions de la mère, du père et de la fratrie. Le chien apprend en même temps à tolérer, connaître et reconnaître les pleurs et les odeurs corporelles du bébé, y compris celles qui sont liées à son état physiologique, ses vomissements et ses défécations, ainsi que leurs modifications lorsque le bébé appelle, crie ou pleure.
Parallèlement, il faut qu’il soit présenté à l’enfant et introduit dans le « jeu » des interactions triangulaires, quadrangulaires et autres avec les différentes personnes de la famille.
Il faut créer des situations qui autorisent le blotissement du bébé et du chien avec les autres personnes du milieu familial, en interdisant à l’animal de s’allonger sur l’enfant et même de poser la tête ou la patte sur son corps.
Considérant le chat, un coup de griffe est vite donné, même lorsqu’il a été élevé dans des conditions qui installent la double empreinte et un attachement mutuel avec un adulte. Il suffit en effet que le jeune enfant le « dérange » quand il dort, mange ou dépèce une souris pour qu’il crache et détende une patte avec les griffes sorties. Pour qu’une familiarité s’installe, il faut non seulement respecter les conditions qui viennent d’être rapportées pour les chiens, mais aussi expliquer à l’enfant qu’il ne doit pas « déranger » le chat qui dort, mange et vit sa nature de prédateur .
En outre, il confient d’aménager l’environnement pour donner des habitudes au chat et limiter ainsi ces possibilités : installation d’un « piédestal » de sommeil (lorsqu’ils n’ont pas leur propre couffin les chats choisissent le plus souvent de s’installer en hauteur, c'est-à-dire sur une fenêtre, chaise, armoire… comme s’ils voulaient surveiller l’environnement), lieu(x) de nourrissage et interdiction que l’animal apporte sa proie à l’intérieur de l’habitat. Mais, plus « simplement » et  plutôt que de courir un risque de griffure, et donc une blessure douloureuse qui pourrait s’infecter et serait évidemment ressentie comme une agression, il vaut mieux éviter d’élever un bébé en même temps qu’un chat. D’autant plus que les sécrétions ano-génitales que celui-ci dépose sur sa fourrure en se léchant peuvent contenir des allergènes et être responsables d’eczémas, de réactions allergiques et d’asthmes.
Les parents et la fratrie auront toujours le temps d’élever ou d’adopter un chat lorsque le jeune enfant aura au moins 3 ou 4 ans, en tous cas s’il ne développe pas de réactions allergiques à son contact.
Texte extrait du livre de Hubert Montagner,
L’enfant et l’animal, chez Odile Jacob
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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